Une bouteille à la mer

L’Asie est le plus gros pollueur de tous les continents, et plus de la moitié des 8,8 millions de tonnes de déchets de plastique annuellement produits provient de 5 pays seulement soit la Chine, l’Indonésie, le Vietnam, le Sri Lanka et les Philippines (où je me trouve présentement).

Cette statistique, bien que consternante, ne m’étonne pas, pour avoir visité 3 de ces pays et avoir été à chaque fois scandalisée par la quantité incroyable de déchets qu’on y retrouve. Plus moyen de les cacher.

Je ne suis pas ici pour faire une analyse exhaustive du problème, les grands journaux le font déjà sur une base régulière, pendant que d’autres gouvernements nient encore le problème de la pollution créée par l’homme et les changements climatiques qui s’en suivent. Je souhaite davantage partager mes prises de conscience avec vous. Voyager m’a fait réaliser l’urgence du problème, alors que chez-nous, en Amérique du Nord, nos déchets sont enfouis dans le sol, cachés, loin de notre conscience, donc inexistants dans notre esprit.

Jouet de plastique

En Asie, le plastique est à peine en voie de devenir l’ennemi public! On ne refuse pas un sac de plastique à l’épicerie, on ne comprend même pas pourquoi les touristes le font! Tout est consommé dans du styromousse ou du plastique. Et la plupart de ces déchets se retrouvent dans l’océan.

Lorsque nous étions à Bali en mars dernier (2016), les plages m’avaient tellement rebutée; remplies de plastique avec des bouteilles vides à la mer. On a même fait une plongée en apnée avec les raies mantas, et je devais tasser les sacs de plastiques, les pailles et les bouchons en nageant. Les raies ouvraient leur immense bouche et je voyais les déchets se faire engloutir par ces magnifiques bêtes… Je suis remontée sur le bateau avant la fin. Je n’en pouvais plus de cette horreur. «Qu’avons-nous fait à notre Planète?»

bateau et coucher de soleil

À Coron, aux Philippines, nous avons fait 3 plongées. En direction du premier site, notre bateau s’est vite retrouvé à naviguer parmi une multitude de déchets de toutes sortes. Je regardais autour de moi et l’envie de nager dans cet océan, en apparence paradisiaque s’est aussitôt dissipée. Et les Philippines, c’est plus de 7000 îles alors des plages et des étendues d’eau polluées, je ne cesse d’en voir. Cette situation s’est reproduite si souvent depuis le début de notre voyage que je commence à avoir dédain de me baigner. Flaques d’essence, odeurs d’oeufs pourris, déchets…

Pollution, Port de Manille
Si Jésus revenait, il pourrait non-miraculeusement marcher sur l’eau!

Je disais à Jérôme cette semaine: «Nos enfants ne pourront probablement pas se baigner dans la mer, comme nous ne nous baignons pas dans les rivières alors que nos parents le faisaient… » Pour moi, la mer a toujours été cet endroit sûr, trop immense pour être atteint par la pollution. Je me disais que ma goutte de vie ne pouvait pas atteindre les océans. Et pourtant, la donne semble avoir changé.

C’est là que je veux mettre l’emphase. J’envoie une bouteille à la mer, je lance un message d’espoir et non de culpabilité. Il faut miser sur le positif. On se croit tous insignifiants, on trouve que nos efforts individuels sont vains contre ces multinationales qui ne font pas leur part, et on abandonne le combat avant même de l’avoir engagé. Je pense que c’est une grande erreur et sur plusieurs niveaux. Premièrement, comme je le cite souvent, Gandhi a dit: «Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde». Vous n’avez que du contrôle sur vous et sur l’influence que vous pratiquez autour de vous. Prenez ce contrôle et ne le laissez pas filer. Deuxièmement, pour être heureux, je parle d’un bonheur de fond, il faut vivre en harmonie avec ses valeurs. Cette seule raison devrait suffire à intégrer des habitudes de vie saines dans son quotidien. Troisièmement, si chaque personne faisait sa part, l’impact serait aussi grand que chaque personne qui a fait sa part en polluant. On voit qu’on est capable de grandes catastrophes quand on y collabore tous, le contraire est aussi vrai, vous ne croyez pas?

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Dream Beach, Nusa Lembongan, Bali

Alors comment changer nos habitudes? 

En identifiant ce qui est le plus important et facile pour nous. Exemple, le shampooing. Pour moi, ce n’était pas compliqué d’acheter mon shampooing solide chez Lush: j’adore ce produit. Il procure des cheveux doux, est fait d’ingrédients naturels et ainsi, je n’achète plus de plastique parce qu’il se vend en vrac. Même chose pour le savon, j’ai arrêté d’acheter du Dove liquide et je suis revenue au savon en barre! Pas si sorcier.

Dans la cuisine, de plus en plus d’endroits vendent des produits en vrac. C’est vraiment pas compliqué d’acheter ses produits de base (genre sucre, farine, flocons d’avoine, épices, etc.) et de les mettre dans des beaux pots en verre. En plus, ça permet d’ajouter un aspect déco si on le fait avec goût!

En tant que consommateur, même si j’ai exprimé mon désarroi face au service à la clientèle, le client devrait avoir le droit de dire ce qu’il s’attend à recevoir d’un commerce donné. Par exemple, j’ai déjà demandé à parler au gérant de mon épicerie pour me plaindre qu’il n’y avait aucun choix de papier hygiénique fait de matières recyclées (genre Cascades) – j’ai pas besoin de m’essuyer avec un chat ou du cachemire…! Il m’a tenu tête en parfait gentleman de notre génération, me disant que personne n’achetait de ces trucs-là, mais la semaine suivante, il y avait du papier hygiénique «vert» sur les tablettes.

On peut demander à parler au gérant d’un resto pour s’informer pourquoi l’eau ou la mayonnaise sont servies dans des contenants à usage unique, on a le droit de dire au propriétaire de notre fruiterie que c’est complètement ridicule d’emballer individuellement chaque patate et chaque aubergine bio, et s’il refuse de nous entendre, on a aussi le droit de boycotter son commerce (comme cette fruiterie de la rue Ontario)!

patates
WTF!

Ceux qui me connaissent savent que je fais tout un plat avec les bouteilles d’eau qui sont à mon avis un des plus grands non-sens et coups de marketing des 20 dernières années. CESSEZ DE CONSOMMER VOTRE EAU EN PLASTIQUE. Juste ça, c’est déjà énorme. Faites-vous poser un filtre, ça va revenir moins cher au bout du compte. Vous payez votre eau en bouteille 2000X plus chère que ce qu’elle en coûte comme service municipal et cette eau détenue par des multinationales est moins contrôlée que celle de votre robinet, pour la simple raison que cette dernière est traitée comme un service public et est soumise à plusieurs normes et règles.

Il y a 1001 façons de changer ses habitudes sans avoir le sentiment de se brimer dans sa liberté. Mais de grâce, promettez-moi que vous choisirez une chose à changer cette semaine, aussi petite soit-elle. La Planète en a vraiment besoin. La future génération nous en sera reconnaissante…

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