Retraite de Méditation: Jour 1

Je suis Fibonacci et j’assisterai Eloiseontheroad dans l’écriture d’articles sur ce blog.

 

 

Je suis assise dans l’auto de la fille qui me covoiture. Il y a 2 heures, je ne la connaissais ni d’Ève ni d’Adam. Elle n’est pas très jasante, ça me déstabilise un peu. On garde le silence pour le dernier tiers du voyage. Ce fameux silence malaisant avec un quasi-étranger. Mais cette fois-ci, ce silence me convient. Je m’évade dans mes pensées, mon regard se perd dans la lumière dorée du soleil qui s’apprête à amorcer sa descente finale. Les champs de blés sont enflammés et le fleuve est majestueux dans ce décor. Et pour la première fois depuis un long moment, je ressens une paix, douce, sereine. Je me dis que c’est de bon augure pour ma semaine qui commence.

 

– Je veux partir en voyage… Ça m’obsède! Mais je n’ai pas le courage de partir toute seule et je n’arrive pas à trouver une partenaire de voyage.

Je fixe le plafond et retient mon souffle en attendant que Jean-François fasse craquer mon dos. Le choc des événements vécus récemment a tellement été violent que mon corps réagit de la même façon que si j’avais été impliquée dans un accident de la route… C’est ce qu’il m’a dit en début de rencontre, lorsqu’il m’a demandé de fermer les yeux en me tenant debout devant lui et que nous avons constaté que je n’arrivais pas à garder mon équilibre. Les fluides bougent dans mon corps encore sous l’impact d’un choc qui a été émotif et non physique. C’est fort, les émotions… À présent, j’ai besoin de décompresser, selon mon thérapeute.

– C’est quoi ton besoin, qu’est-ce que tu cherches dans ce voyage?

– La paix! Je veux faire la paix… Avec moi même, avec les expériences que je viens de vivre… Je veux retrouver le plaisir de vivre mon quotidien.

– Pourquoi tu ne ferais pas une retraite de méditation à la place?

 

C’est donc sur la table de mon ostéo, un genou dans la face et la colonne tordue dans un drôle d’angle qu’a germé cette idée dans ma tête…

 

La voiture se gare, je regarde cette bâtisse, qui n’a rien de séduisant de l’extérieur. Je me dirige vers l’entrée, et suis immédiatement accueillie par cet homme, petit, au sourire radieux et au regard espiègle. Son âge? Difficile à dire, quelque part entre 40 et 2000 ans! Il porte la robe rouge vin et orangée typique des moines tibétains et il a un québécois cassant et métissé dans un accent formidablement complexe.

Il me montre ma chambre, au sous-sol. Modeste. Petit lit simple, petit bureau. C’est parfait! Puis s’ensuit une réunion, avec tous les participants, dans la salle à manger. Je suis un peu intimidée. Tout le monde se présente et je réalise que je suis la seule des 12 à ne pas être bouddhiste. Pourquoi ça crée toujours un malaise de se sentir différent alors qu’on aspire tous à se démarquer? Veux-tu m’expliquer ça, Internette? Les éternels paradoxes de l’être humain! J’ai peur de détonner, de ne pas être à ma place…

Mais je me souviens comment la synchronicité a opéré pour que je me retrouve ici ce soir.

J’ai fait une recherche sur le web, la page du centre a attiré mon attention, j’ai vu qu’il y avait un moine tibétain qui donnait cette retraite, ça m’a plut, j’ai écrit, c’était d’abord complet mais quelqu’un venait juste d’annuler et ils avaient donc une place pour moi. Trois semaines plus tard, je suis ici.

Un moine tibétain se nomme Lama dans leur langue. Oui oui, comme l’animal. Je sais, ça surprend! J’appellerai donc cet homme adorable Lama.

La réunion se termine, et plusieurs regagnent leurs appartements. Je décide de me faire un thé et je prends connaissance des aires. Ici, on se sert nous-mêmes, on s’entraide et tout le monde est sur un pied d’égalité. C’est une des valeurs de la philosophie bouddhiste. L’humilité. Je consulte l’horaire des tâches assignées : demain soir, je fais la vaisselle. C’est Julie, la nonne, qui m’explique les règles.

Julie… La nonne. Oui, nonne c’est le pendant féminin de moine. Elle est québécoise. Faut le faire, être nonne. Déjà, ça surprend un peu. Elle est différente, en tout point. Et la différence souvent, c’est dérangeant. Elle est rasée, ça a quelque chose de choquant. Elle porte la robe rouge vin en tout temps. Je me vois aller, je suis dans le jugement big time! Elle a un air faussement zen; j’y crois pas. On peut pas être zen de même!

Crime, je fais une retraite de méditation et je suis là à juger aller-retour une des organisatrices de l’événement! J’ai du chemin à faire en maudit avant d’atteindre le Nirvana.

Je prends mon thé et descends au sous-sol. Demain, je me lève à 6h pour la première méditation avant le déjeuner. C’est pas trop mon heure! En fait, cette semaine, je pensais que j’allais méditer sans arrêt mais ce que je comprends c’est que je suis inscrite à une formation sur le calme mental. Le but ultime de la méditation bouddhiste, c’est l’Éveil ou le Calme Mental. Ha! Ha! Je pense que je vais avoir besoin de plus d’une semaine pour maitriser l’art de calmer mon mental mais bon, on s’en reparle demain, là, je vais me coucher!

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